« L’Empire du sommeil » : Impossible de dormir debout avec cette exposition, tant elle s’avère stimulante !



L’exposition propose un grand voyage à travers les multiples visages du sommeil… et de ses petits (ou gros) dérèglements. Elle se concentre sur le « long XIXe siècle », des Lumières jusqu’à la Grande Guerre, tout en faisant quelques détours avant et après, histoire de montrer à quel point ce thème n’a jamais cessé d’inspirer. Bref, dormir n’a jamais été aussi intéressant.

Un doux bonheur…

On dort tous. Oui, même les insomniaques (ils finissent toujours par tomber quelque part entre 3h12 et 3h47). Le sommeil, ce petit plaisir incontournable qui grignote un bon tiers de notre vie, est indispensable… et délicieux. Il nous offre une pause bien méritée et met sur “mode avion” les soucis de la veille.

Cet étrange moment où l’on « tombe » dans les bras de Morphée intrigue depuis des millénaires. Les artistes, eux, n’ont jamais résisté à l’envie de peindre ou de sculpter leurs proches en plein sommeil : parents, conjoints, amants, modèles… souvent surpris en pleine sieste, la bouche entrouverte et la mèche rebelle.

Il faut dire que le sommeil des innocents — bébés, enfants, chats roulés en boule, chiens alanguis au soleil — incarne à merveille l’abandon total, la confiance absolue, le bonheur sans filtre. Mais tout n’est pas si simple. Dormir, c’est aussi accepter de lâcher prise. On devient vulnérable, on baisse la garde, on quitte le monde conscient. Parfois, le sommeil frôle même l’image de la mort, avec son calme un peu troublant.

Au lit !

Le mot « chambre » vient des Grecs (kamara), mais notre passion pour le lit, on la doit aux Romains. On peut parler sans exagérer d’une vraie « civilisation du lit » : depuis longtemps, c’est LE meuble vedette de la maison. Même les plus modestes s’organisaient autour de lui — quitte à dormir tous ensemble.

Chez les plus fortunés, le lit ne se cachait même pas : il trônait dans les pièces de réception. Rien de tel qu’un beau lit pour impressionner les invités. Puis, à la fin du Moyen Âge, la chambre à coucher devient enfin un espace à part, à l’abri des regards indiscrets. 

Au XIXe siècle, la morale chrétienne met son grain de sel : dans la chambre, tout doit être sage, discret, bien couvert. Pas question que ça déborde. Pourtant, chaud et moelleux, le lit reste un refuge incomparable. Mais le lit, ce n’est pas seulement un cocon rassurant : c’est aussi le terrain du lâcher-prise, de la sensualité. Un lit défait, et hop, notre imagination s’emballe — quelqu’un était là, juste avant nous. Présence invisible, à la fois familière et troublante.

La chambre, c’est le royaume de l’intime. Et le lit ? Une petite île à nous, pour protéger nos secrets… et donner un endroit confortable à nos rêves.

Entre frissons amoureux, trépas et mystères du psychisme, l’exposition explore le sommeil sous toutes ses facettes — sans tourner en rond. À travers 130 œuvres variées et pleines de poésie, elle montre que dormir, ce n’est pas juste fermer les yeux : c’est un terrain de jeu où se croisent le désir, les peurs et les secrets de l’esprit. Au Musée Marmottan Monet jusqu’au 1er mars, le sommeil n’aura jamais été aussi fascinant.

Pour découvrir d’autres chefs-d’oeuvre en explorant Paris en équipe, rendez-vous sur les parcours énigmatiques de nos team building outdoor, notamment celui du mystère des Portraits Cachés qui vous challengera jusqu’à résoudre l’intrigue de Mme de Sévigné dans l’univers des plus grands peintres !

Faites une pause inspirante. Le temps d’un petit cocktail culturel en flânant sur We love